Cathie Barreau

 

 

 

 

Cathie Barreau est née en 1957 en Vendée. Elle a exercé plusieurs métiers avant de créer en 1994 L'Atelier du Manège, aujourd'hui Maison Gueffier, à la Scène Nationale de La Roche-sur-Yon, lieu de lecture et d'écriture, qu'elle dirige toujours.

En 2006, sont publiés Trois jardins et Le journal secret de Natalia Gontcharova aux éditions Laurence Teper, puis Visites aux vivants chez la même éditrice. D'autres  textes avaient été publiés auparavant sur des sites de littérature, comme  Inventaire/Invention et Remue.net, ainsi que dans une anthologie parue aux éditions Tarabuste. Un livre d'artiste a également été publié aux éditions L'Atelier deVillemorge.

            Je connais Cathie et les ateliers d 'écriture du Manège depuis dix ans maintenant. Là-bas à la Roche/Yon, j'ai rencontré des écrivains, par exemple un certain Patrick Cahuzac (!) qui était là en résidence, à son invitation... Merci à toi Cathie.

            Quand j'ai lu ses livres, j'ai tout de suite eu envie de faire découvrir le Journal secret de Natalia Gontcharova au groupe de l'atelier de lecture, et ce sont les participants qui aujourd'hui ont décidé de l'inviter à Saumur. Patrick et moi sommes très heureux de ce choix, parce que c'est une histoire d'amitié en même temps que de littérature. Parce que dans ces temps difficiles où le vivant est malmené, il importe de ne pas desserrer ces liens-là. Ce Journal secret, c'est une voix de femme vivante justement, à la fois subtile, fine, et posée, décidée, sereine aussi. Natalia Gontcharova, c'est la femme de l'écrivain russe Pouchkine, qui est en train de mourir dans la pièce d'à côté, des blessures d'un duel d'hommes. Une voix de femme pour dire que le corps, le ventre, la tête, les mains, le coeur vont ensemble pour les mouvements d'aimer, que rien n'est séparé et qu'il faut beaucoup d'attentions au quotidien pour savoir entendre l'autre tout entier qui vit près de soi. La voix n'est pas  amère ni rancunière, elle est lucide et calme, aimante même encore, précise elle raconte sans condamner, elle pose les mots doucement entre elle et son mari pas encore mort, elle les dépose comme peut-être il aurait fallu qu'il se dépose à elle, dans un mouvement d'abandon plus que de maîtrise.

            Visites aux vivants, le dernier livre, qui vient d'obtenir le prix            , c'est une petite-fille et puis une femme, qui rend visite à ses grands-pères et grands-mères, non pas alors qu'ils sont âgés, ou enterrés, mais lorsqu'ils sont jeunes et bien vivants, elle traverse le temps, les écoute, se reconnaît dans leurs mots autant que dans leurs visages. Eux aussi contiennent déjà sans le savoir cette petite fille pas encore née. Parce qu'on est là sans doute avant de naître, dans un mouvement d'un de nos aïeux, une direction de regard qui n'est pas encore une intention. On fait ce voyage avec la narratrice et on est rajeuni, c'est troublant, sans aucune marche arrière.

Quelques mots pour Laurence Teper, l'éditrice, qui n'a pas pu être là ce soir et avec regret. Nous avons des livres ici, ceux de Cathie bien sûr et d'autres, extraits d'un beau catalogue. Sans doute Cathie pourra mieux vous raconter cette rencontre avec elle, et comment l'accompagnement d'un éditeur est précieux pour un écrivain.