Jérome Garcin

Vendredi 27 juin 2008

 

 

 


Jérôme Garcin est né en 1956. Il dirige les pages culturelles du Nouvel Observateur et anime le Masque et la Plume sur France-Inter. Il est l'auteur d'une douzaine de livres, presque tous publiés aux éditions Gallimard : essentiellement des récits, des essais, des romans, auxquels s'ajoutent des entretiens, des collaborations diverses, des directions d'ouvrages...


Lisant les livres de Jérôme Garcin, je retrouve le cheval bien sûr, les chevaux de dressage, les chevaux de promenade à la campagne, les chevaux des concours d'obstacles, les chevaux de Bartabas, les chevaux du Cadre Noir de Saumur, les chevaux à la maison, devant la fenêtre sous les yeux et les chevaux de l'autre bout du monde. Mais près des chevaux il y a des hommes et c'est à eux, vers eux que Jérôme Garcin écrit, plus exactement en mémoire d'eux. En tout premier pour ses enfants, pour que rien ne leur soit tu. En mémoire de Jean Prévost, en mémoire du père, de Barbara, de François-Régis Bastide, de disparus que Jérome Garcin ne se résoud pas à voir disparaître de la mémoire justement. Il écrit sur les vivants aussi, Anne-Marie Philippe, la femme aimée, Bartabas, l'ami, et puis mille autres individus, morts ou vivants, cités dans les livres. Des listes de noms, de prénoms, beaucoup, souvent, parce que nommer les autres les rend soudain proches, présents. Parce qu'il s'agit bien d'écrire contre l'oubli. Pas pour faire des commémorations pompeuses ou des éloges attendus. Pas pour fabriquer des visages de cire, non, tout le contraire : pour continuer d'insuffler de la vie dans des existences passées, dans des êtres aimés. Pour que le passé reste vivant, pour que tout soit vivant, les morts les maisons les aimés les chevaux. Les phrases de Jérôme Garcin n'en finissent pas de ne pas vouloir finir, et d'aller chercher tous les noms et tous les adjectifs possibles pour dire l'autre. Après les virgules, les phrases continuent, comme si elles voulaient que les individus continuent avec elles : jamais figés dans des portraits définitifs, ils sont écrits en mouvement, et ils continuent de vivre, secrètement, dans les livres.